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Dans le psaume 129  issu des psaumes des degrés , nous avons fait le constat que le chrétien doit s’attendre à rencontrer des oppositions sur son chemin mais que cela doit susciter en lui, un des fruits de l’esprit : la persévérance. Le psaume 130 nous invite à regarder une opposition plus forte encore qui n’est pas extérieure, en chacun de nous, notre propre péché.

 

Lisons ensemble ce psaume.

 

Reconnaitre notre état de pêcheur et le besoin de la grace de Dieu

Le psaume commence par une image terrible ‘du fond de l’abîme, je t’invoque’ ou ‘Du fond de la détresse, je t'appelle au secours’(BFC). La suite du psaume nous montre qu’il parle de son péché de sa culpabilité. On pense que ce psaume était chanté lors de la fête des expiations, le Yom kippour. La veille de cette fête le peuple confessait son péché et le lendemain le souverain- sacrificateur prenait un bouc, il posait ses mains pour le charger du péché de tout le peuple et il le chassait dans le désert. Le Psalmiste parle du sentiment que sa faute ou ses fautes ont tout détruit, ont dévasté sa vie et il crie à l’Eternel. On ressent à la fois la culpabilité, le désespoir et l’impuissance face à ce mal qui le ronge. On retrouve cela dans le psaume 32 , qui est un psaume de confession de David qui est confronté à son péché. Le péché, on l’a déjà rencontré dans le Psaume120 ou il est parlé aussi de la repentance. En prenant conscience de notre péché qui nous séparait de Dieu , nous avons fait le premier pas de notre marche avec Dieu, mais nous sommes maintenant au milieu de notre parcours pour faire le constat que le péché est encore une réalité, il n’a pas disparu de nos vies.

Face à cela, il y a deux dangers graves qui peuvent mettre en cause notre marche avec le Seigneur :

- Nous laisser accabler, baisser les bras , découragés et abandonner le pèlerinage. Porter la culpabilité comme un fardeau. Cette conscience est si forte qu’elle nous fait oublier que Dieu est là et qu’Il pardonne.

- Ne plus ressentir le poids de la culpabilité, être tellement habitué qu’on ne ressent plus la culpabilité. L’image la plus courante du péché dans la Bible est la lèpre ; dans une des formes les plus graves de cette maladie, on observe une destruction des nerfs sensitifs qui conduit à une insensibilité totale au mal ; le malade ne sent plus quand il se blesse, ou qu’il se brûle et il se blesse sans s’en rendre compte, jusqu’à mettre sa vie en danger. Il peut en être ainsi du péché surtout quand il s’agit d’un péché habituel, nous pouvons ne plus voir le danger de cette faute. Notre tendance naturelle est de cacher ou d’ignorer notre péché (1 Jean). Le psaume nous enseigne que nous devons regarder notre péché sérieusement, car le péché détruit, il détruit les relations, notre relation avec Dieu, il détruit aussi souvent les relations avec les autres et il détruit notre relation avec nous-mêmes. Cependant, même si nous devons regarder avec sérieux nos fautes, nous devons aussi affirmer que la miséricorde et la grâce de Dieu surpassent cela. Car, c’est la seconde affirmation de ce psaume, Dieu est un dieu qui pardonne. Et les deux attitudes que je viens de montrer risquent de mettre en cause cette affirmation. En effet, je peux être tellement accablé par ma faute au point de considérer que c’est impardonnable et rejeter de fait la miséricorde de Dieu. A l’inverse, si je considère mon péché comme véniel, anodin, je ne me sens pas coupable et donc pourquoi faire appel à la grâce de Dieu. C’est grave parce que c’est mépriser et nier toute l’œuvre de Dieu. Le Psaume au contraire nous invite à considérer notre péché avec sérieux et à crier à Dieu depuis notre abîme personnel.


Si tu gardais le souvenir des iniquités, Éternel, Seigneur, qui pourrait subsister?

Le pécheur qui crie à l’Eternel trouve une réponse dans la miséricorde de Dieu. D’ailleurs pas une réponse, la réponse, car Dieu seul peut réellement pardonner et délivrer de la culpabilité. C’est dans sa nature même que Dieu est un Dieu de miséricorde qui pardonne.  En Exode 32, tout au début du cheminement du peuple d’Israël après la sortie d’Egypte, le peuple pèche gravement en murmurant contre Moïse et contre Dieu et en demandant à Aaron de construire un veau d’or. Face à ce péché grave du peuple, Moïse intercède et l’Eternel se révèle de manière spéciale à Moïse au Sinaï. Ce texte montre bien que le péché n’est pas anodin et qu’il entraine des conséquences, des cicatrices dans notre vie mais même s’il y a des conséquences on peut être totalement pardonné. Dieu ne prend plus en compte notre péché.

On raconte l’histoire d’un jeune homme qui vient voir son pasteur pour confesser un péché dont il n’arrive pas à se débarrasser et qui lui pèse, après l’avoir écouté, le pasteur lui propose de prier et le jeune homme commence sa prière en disant Seigneur, pour la 19ème fois, pardonne-moi. Alors le pasteur l’interrompt et lui dit « pourquoi, tu dis 19, le Seigneur ne compte pas, il ne garde pas en mémoire. » Comme le dit le psalmiste, si Dieu gardait la mémoire de nos fautes qui pourrait subsister mais nous savons que quand Dieu pardonne, il efface nos transgressions. Voilà ce qui permet à nos vies d’être renouvelées, à nos relations avec Dieu et avec les autres de se rétablir. C’est le sens du psaume 32 qui est un psaume de confession et qui pourtant commence par heureux. Ce qui permet le pardon et le rétablissement, lié à la personne même de Dieu. L’Eternel est cité huit fois dans ce petit psaume pour bien montrer que Dieu est la source du pardon :’ Mais le pardon se trouve auprès de toi, afin qu'on te craigne.’ Et le résultat de cela c’est la crainte de l’Eternel. La crainte de l’Eternel nous l’avons vu quand nous avons étudié le Psaume128 qui parlait du bonheur et ça inclut à la fois, le respect, l’adoration, la reconnaissance et l’obéissance. Voilà comment on peut trouver le bonheur dans le pardon !

 

Mon âme compte sur le Seigneur, plus que les gardes ne comptent sur le matin !

Après avoir réclamé le pardon, le psalmiste  attend, il attend le Seigneur, cette attente est la traduction de l’espérance (Romains 5). Il a confiance dans la promesse de l’Eternel. foi esperance et amourOn peut noter que par rapport au psalmiste, nous avons le privilège d’avoir vu cette espérance personnifiée en Jésus-Christ et nous venons de vivre Pâque qui atteste la réalité de cette espérance ; Tu peux naître de nouveau, tu peux tout recommencer, balayer ta vie passée’. C’est le message du matin de Pâques. Voilà la 3ème vérité à nous souvenir : Nous n’avons pas besoin d’attendre avec le fardeau de notre faute, Dieu nous attend à l’instant même pour nous accueillir et enlever notre culpabilité. Et ce pardon, par le sacrifice de Jésus est offert à tout homme (1Jn.2).

 

et en conclusion ...

Le psaume ne s’arrête pas là, il continue par une apostrophe : ‘Israël, mets ton espoir en l'Éternel!’ On peut croire à un simple résumé du message de ce psaume mais je crois que c’est plus que ça. C’est la première fois qu’un tel appel apparait dans les psaumes des degrés. Le psalmiste parle directement à son peuple et il témoigne de son expérience du pardon en Dieu. Il reprend le message du Psaume103 et il le partage avec tout son peuple. C’est une invitation pour nous aussi qui avons expérimenté la grâce et le pardon de Dieu, nous sommes appelés à partager aussi cette bonne nouvelle avec tous. Il faut regretter les moments où l’église au lieu d’être une communauté de pardon et d’accueil a été un lieu de jugement et de rejet. Dieu nous invite tous à la fois à confesser notre iniquité et à vivre ensemble le bonheur d’être pardonnés et à proclamer cette bonne nouvelle à tout le monde.

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