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Nous étudions ce matin le psaume 120 , c’est le premier psaume des degrés. ou 1er chant du pèlerinage. J’ai expliqué la semaine dernière que ces psaumes étaient un peu les chants qui accompagnent le voyageur de ce pèlerinage qui le conduit vers le royaume de Dieu et que ces psaumes abordent différents aspects de la vie du pèlerin, du disciple que nous sommes nous aussi maintenant. Cependant, le texte du psaume de ce matin nous surprend surtout par sa noirceur, son amertume. On ne peut pas dire qu’on commence joyeusement. Le Psaume commence par ‘malheur’ et se termine par ‘guerre’ et on rencontre des menteurs, des trompeurs, des flèches de guerre, des charbons ardents, des barbares et des gens cruels ! Ce qui fait s’exclamer le psalmiste ‘Quel malheur pour moi d’habiter un tel monde !’. Quel drôle de début de pèlerinage ! Est-il déprimé, désespéré ? N’avez-vous jamais rencontré des jours où vous avez le sentiment que tout est noir, que tout le monde vous en veut, que vous êtes en butte à l’hostilité ou à la malveillance d’un collègue de travail, d’un voisin, d’un proche. A qui se fier ? On a le sentiment que tous mentent ! Il y a quelques jours, une jeune femme chrétienne me partageait au téléphone ses difficultés au travail et c’était exactement le contenu de ce psaume, elle était confrontée à la médisance, au mensonge et au rejet. La vie de foi n’est pas un chemin de roses où tout est facile, c’est aussi un  parcours dans un monde difficile, injuste et cruel. Pourquoi commencer par un chant de désespoir ? Par cette supplique au Seigneur ‘SEIGNEUR, délivre-moi des menteurs, de ceux qui trompent les autres !’. Peut-être l’auteur se sent-il persécuté, injustement calomnié ! C’est peut-être vrai mais il y a une autre façon de voir cela : en fait, le monde autour de nous lui-même nous ment. Il nous ment quand il nous dit que nous pouvons tout seul faire face à ces difficultés, il nous ment quand il nous dit par exemple qu’il suffit de prendre des vacances et que tout va s’arranger. Il nous ment quand il nous dit qu’au fond tout homme est bon et que les relations vont aller mieux, que la science, le progrès, l’éducation, l’information, la politique etc… vont nous conduire à un monde meilleur, et pourtant, il y a toujours la haine, l’injustice, les guerres, les querelles, la violence, l’insécurité, la médisance, le mensonge. Citez moi une année depuis par exemple 1900, où il n’y a pas eu de guerre dans le monde. Actuellement, c’est la guerre en Irak, en Afghanistan, en Lybie, en Palestine, en Colombie, en Somalie, au Soudan et des tensions au Yémen, en Syrie, en Indonésie, en Thaïlande, aux Philippines, en Côte d’ivoire, au Sénégal etc.. Mais à part ça, Mme la Marquise, tout va très bien ! C’est vrai que des hommes sont conscients de cela et cherchent à agir pour améliorer ces difficultés et il ne faut pas les mépriser, mais l’erreur, le mensonge fondamental c’est de croire que ces choses peuvent changer de manière superficielle, sans Dieu. Le mensonge fondamental c’est de penser que l’homme peut se passer de Dieu. Le christianisme nous donne les mots pour nommer le malaise existentiel de l’homme moderne. Son diagnostic se résume en quatre mots : Il nous manque Dieu ! Malgré notre déni de façade, malgré le refoulement induit par nos sociétés occidentales, l’homme reste toujours habité par un désir d’absolu, par le désir d’un monde meilleur. En réalité, il aspire à connaître Dieu, simplement parce qu’il s’agit d’un besoin profond de sa nature, d’un besoin constitutif de son être. La Bible nous révèle que nous avons été créés pour connaître notre Créateur, et non seulement pour le connaître, mais aussi pour jouir de sa présence, de sa divine compagnie à chaque instant de notre existence.

Dans un élan de lucidité, le grand philosophe et physicien français Blaise Pascal a perçu cette vérité et a jeté sur le papier ces quelques mots : « Il y a dans le cœur de chaque homme un vide en forme de Dieu, et nul autre que Lui ne peut le combler. » Plus récemment l’écrivain Alexandre Soljenitsyne a émit un verdict comparable : « Si l’on me demandait qu’elle est la plus grande menace de tout le XXème siècle, là encore je ne trouverai rien d’autre à dire que : l’homme a oublié Dieu ». Voilà le mensonge fondamental : ‘l’homme peut se passer de Dieu !’. C’est tout simplement oublier que Dieu est à l’origine de ma vie et qu’il en est aussi à la fin. Nous pouvons tenter de fermer les yeux sur cette réalité mais les difficultés de la vie, l’épreuve, le péché, la tentation, les soucis, tout cela montre bien que sans Dieu, la vie n’a pas de sens et sans Lui, on se sent misérable, vulnérable, abandonnés. Pourquoi la vie est si injuste ? Où est la paix, la fraternité, l’amour ? Pourquoi, comme le Psalmiste avons-nous l’impression de vivre dans un monde barbare et cruel. C’est le sens des 2 noms de tribus citées dans ce Psaume, réputées pour leur barbarie et leur cruauté, l’une située au Nord d’Israël vers le Caucase, l’autre située au sud, vers l’Arabie.  Face à ce constat bien difficile, je réalise que par mes propres moyens, je ne peux m’en sortir, d’où ce cri à Dieu : ‘SEIGNEUR, délivre-moi !’ Ce qui est vrai pour ce monde est d’ailleurs aussi vrai pour ma vie personnelle. Combien de fois ai-je essayé de m’améliorer et je réalise que je peux rien sans Dieu ou si peu ! Ce constat amer est nécessaire pour faire le premier pas sur un chemin nouveau. Le oui à Dieu commence toujours par un non au monde. La Bible appelle cela la repentance. La repentance selon la parole de Dieu (métanoïa en grec), c’est un changement radical de direction. C’est en fait, le début de la relation avec le Seigneur. L’évangile commence par le message de Jean-Baptiste : ‘Repentez-vous !’ (Matth.3 :2) puis par l’appel de Jésus lui-même (Matth.4 :17-19). Le même message est proclamé au début de l’église par Pierre (Act.2 :38). La repentance, ce n’est pas comme on le croit souvent, une émotion, ce n’est pas le sentiment de culpabilité vis-à-vis de son péché, c’est bien plus que cela, c’est une volonté, une décision ; c’est accepter que j’ai fait fausse route en croyant que je pouvais changer par moi-même, renoncer à ma propre justification (ce n’est pas si grave !) et rejeter toutes les excuses superficielles (ce n’est pas de ma faute, c’est plus fort que moi ou tout le monde le fait, etc …) et décider que la vérité sur moi-même et sur ma situation, je la trouve seulement en Jésus-Christ. Lui seul est la vérité ! La repentance, c’est l’abandon de sa propre voie pour s’engager dans le chemin du Seigneur, dans le pèlerinage vers le royaume de Dieu (1Thess.1 :9).  Si nous avons oublié Dieu, en revanche, Dieu ne nous a pas oubliés et il attend notre repentance.

 

fils prodigueCe qui est parfaitement illustré par la parabole du fils prodigue (Luc 15 :17-21). C’est d’abord dire non au monde et ensuite dire oui à Dieu. A quoi dois-je dire non pour pouvoir cheminer avec le Seigneur ? La repentance, ce n’est pas seulement pour ceux qui découvrent le Seigneur pour la première fois, c’est pour tous ceux qui ont cru aux mensonges de ce monde. C’est aussi un message adressé à l’église comme celle de Laodicée, lorsqu’elle s’est détournée du chemin du Seigneur. (Apoc.3 :17-20).  Nous savons que nous avons tous la possibilité de chuter et de dévier de la route. En effet, le chemin est long et périlleux et nous ne connaissons l’itinéraire que jour après jour et le GPS qui est parole de Dieu n’est pas toujours facile à comprendre, nous pouvons donc nous tromper de route. Le Seigneur nous offre toujours la possibilité de revenir sur le bon chemin, mais ne nous y trompons pas, il n’y a pas de re-départ possible sans véritable repentance. Comme un exemple, je veux relire le début du psaume 51, comme un modèle de repentance. C’est souvent un constat douloureux, qui coûte et qui blesse notre orgueil mais c’est une ouverture vers un avenir lumineux. C’est douloureux comme une opération chirurgicale mais c’est le moyen d’aller vers la guérison. C’est ainsi que débute toute aventure avec le Seigneur, c’est pour cela que ce Psaume 120 est celui qui débute la série des psaumes des degrés. C’est le 1er chant du pèlerin, ce n’est pas forcément un pas facile c’est un premier pas et c’est un pas qui coûte, mais c’est un pas nécessaire essentiel, c’est le seul qui conduise à la vie éternelle. 

 

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