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Que peut-on demander à Dieu et obtenir de lui ? Et par exemple, peut-on par la foi s’assurer ou assurer à ses proches une bonne santé, parmi d’autres avantages matériels composant en quelque sorte le bonheur terrestre ? Il y a débat sur cette question précise. Une doctrine contemporaine, que l’on appelle la théologie de la prospérité, considère qu'en plus du salut éternel, le Christ assure à ceux qui ont la foi, et la manifestent sincèrement, à la fois richesse matérielle, santé et succès de toutes sortes. Il suffirait de le demander sincèrement dans la foi et avec ferveur.

La guérison et la richesse seraient acquises dès aujourd'hui pour tout chrétien avec le salut en Jésus ; Cette théorie s’est développée sur tous les continents, autour de personnalités issues du pentecôtisme, même si elle n'est pas en elle-même pentecôtiste.

On l’examinera ici principalement sous l’angle de la santé. Mais on aurait pu avoir des développements similaires pour la richesse matérielle.

 

1 - Une exploitation logique de plusieurs textes de l’évangile est à l’origine de cette théologie :

A . Le thème de la guérison par Dieu et au nom de Dieu est un des thèmes récurrents de l’Evangile.

Comme souvent, ce sont plusieurs textes de l'évangile qui constituent le fondement d'une doctrine ou d'une théologie :

Le principal texte est celui de l'Évangile de Marc 11,24  . Un autre texte de Marc très connu est celui du « retour au centuple » Marc 10,30 

Mais bien d’autres livres de l’Evangile traitent de cette question. Ga 6:7-8  ou  3 Jean2 : « Bien-aimé, je souhaite que tu prospères à tous égards et sois en bonne santé, comme prospère l'état de ton âme ».

On déduit de cette série d’affirmations du Christ que non seulement Dieu peut apporter tout ce que l'homme désire, notamment dans les registres de la santé, comme de la prospérité matérielle, parfois même dans celui de la libération des influences démoniaques, mais aussi et surtout qu’il le fera d’autant plus que cette demande est exprimée avec conviction, avec ferveur, avec foi.

Cette lecture peut en apparence apparaître aussi séduisante que cohérente avec l’enseignement biblique : 

- Cette théologie est très séduisante pour ceux qui sont dans le dénuement, dans la pauvreté ou dans la crainte de la maladie et la mort. Elle apporte l’espoir de jours meilleurs. Elle véhicule l'idée d'un Dieu de générosité qui s'intéresse à notre vie entière, la transforme et l'enrichit dans tous les domaines. 

- Cette théologie est également très proche de beaucoup des aspects de l'enseignement du Christ avant la Pâques. N'a-t-il pas, pendant l’essentiel de son ministère, cherché à guérir, et réalisé des miracles qui ont sauvé des vies (le sourd-muet, laveugle, le paralytique, la femme hémorroïsse, la résurrection de Lazare) ? Ceci en récompense de la foi, de la confiance manifestée par ceux qu'il rencontrait. Cet enseignement pratique a une signification évidente : la foi sauve, et elle sauve dès le parcours terrestre. Combien d’exemples fameux peut-on donner en ce sens, des lépreux aux paralytiques, voire même à la résurrection avec Lazare. Cette vocation de thérapeute, le Christ la confère à ses disciples dans une formule sans ambigüité : « Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, expulsez les démons », leur demande-t-il (Matthieu,10,8). Et ce « don de guérison » constitue un don que l’Apôtre Paul reconnaît aux membres de l’Eglise dans la première Epitre aux Corinthiens.

- Cette théologie est également proche de la croyance mais aussi de la pratique populaires : un pourcentage élevé des prières que l'on fait au quotidien n'est-il pas destiné à nous permettre de nous conserver (nous ou nos proches) en bonne santé, de guérir une maladie, de nous affranchir de la misère et des affres de la vie ? Il suffit de se rappeler la ferveur de nos frères catholiques à Lourdes, réunis pour la guérison des malades. Même si leur prière s’adresse à l'intercession de Marie, leur démarche reste globalement la même.

  B. Le don de guérison relève d’une logique en apparence forte :  

 - Cette pratique est fondée sur une logique apparente. Dieu qui est bon, généreux et qui s’intéresse de tout temps à l’homme, mais aussi à chacun des hommes, souhaite aussi notre bonheur terrestre. Il peut donc répondre à nos demandes, nos prières, tant pour ce qui concerne la santé que les biens terrestres. Le christianisme est attentif à la qualité de notre vie terrestre. Contrairement à la philosophie grecque, et plus particulièrement à Platon, Dieu n’est pas indifférent au corps lui-même de sa créature, corps et esprit étant tous les deux constitutifs de la personne. Le salut ne commence pas après notre mort. La deuxième naissance n'est pas réservée à l'au-delà. Elle commence dès notre adoption par Dieu, dès notre conversion. C’est pourquoi la prière, en ce qu’elle est appel sincère et confiant à Dieu, peut être utilisée pour procurer dès ici-bas l’apaisement physique et mental.

Loin d’être impuissante, la foi peut permettre, par la confiance manifestée en Dieu, de « déplacer des montagnes », comme l'a proclamé l'apôtre Paul (1 C 13). Le croyant voit son comportement modifié et sa nouvelle force intérieure aura nécessairement des conséquences concrètes sur ses capacités d’action et de réaction. Le spirituel rejaillit sur notre vie matérielle, sur nos capacités physiques. Les œuvres de l'Esprit pourraient donc garantir une bonne santé.

Par conséquent, le croyant peut considérer qu’il est légitime de demander à Dieu une bonne santé comme une vie prospère. Il peut espérer que Dieu lui vienne en aide. Mais la question est moins de le demander que de l’obtenir. Il y a pourtant entre les deux un pas immense, même si Dieu est tout puissant et bienveillant et qu’il peut sans aucun doute renverser le cours des choses. Demander oui ; mais transformer cette supplique en exigence, c’est autre chose.

 

2 - Cette interprétation reste néanmoins contraire à l'enseignement biblique et à la relation que nous avons avec le Seigneur :

Les textes que nous venons de mentionner sont des paroles du Christ. Mais ce sont des textes ponctuels dont la lecture littérale et isolée s’écarte du message évangélique et ne sauraient être interprétés en étant détachés de leur contexte : il ne faut pas interpréter littéralement tel ou tel morceau de la bible sans s'interroger sur la cohérence du propos par rapport au cœur de l’enseignement évangélique.venez à Jésus vous aurez la prospérité

 

Or la parole de Dieu, prise dans sa totalité, ne valide pas la promesse pour le temps présent d’une prospérité sans exception, donc d'une santé permanente, et pas davantage pour ceux qui croient.  

A-la transformation qu’apporte la foi dans la nature de l’homme ou de la femme

 S’il suffit à partir du texte de Marc de demander avec ferveur pour obtenir, c’est qu’on a changé de statut. On est en quelque sorte devenu un sorcier, un mage. Le salut apporté par Jésus confèrerait une sorte de nature divine à celui qui a la foi.Or, le propre de la nature humaine, c’est sa limite par rapport à la perfection divine, ou plutôt sa série de limites. Dieu les exprime clairement dans le livre de la Genèse devant Adam et Eve. Une des conséquences de la chute d’Adam est que Dieu mit fin à la quasi parfaite santé de l’homme : au jardin d’Eden, les hommes vivaient dans une fidélité parfaite. C’est le péché qui les a précipités dans l’abîme de la douleur et de la maladie. Dieu indique à Eve : « Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils » (Gen3 :17). La souffrance fait donc partie intégrante de la nature humaine.Le salut en Jésus-Christ a permis à l’homme de retrouver une partie de ses attributs de départ et donc a priori les prérogatives qui s'y rattachent. Faut-il déduire que le Christ et le nouvel homme seraient presque identiques ? Recevoir le Saint-Esprit, ce serait alors recevoir la nature divine ou à tout le moins un pouvoir « surnaturel ».Théorie séduisante : si toute richesse appartient à Dieu, ne revient-il pas à son peuple d’en recevoir la pleine prérogative, et la réconfortante utilisation au quotidien ?Cette conception est pourtant manifestement erronée ! Plusieurs raisons l’attestent, qui ont une grande importance :

- Le temps présent reste dans le Nouveau Testament une réalité intermédiaire entre l’inauguration du royaume de Dieu et sa pleine réalisation. La rédemption de notre corps reste encore à venir pour le croyant (Rm8:18-25). Celui-ci reste soumis à la sentence que Dieu a annoncée à Adam après la chute, c'est-à-dire la mort, et donc ses prémices, la maladie.De même, le croyant ne règne pas ici-bas par rapport au péché. Il reste dans le péché et dans la finitude, il n’est pas passé d'une nature satanique à une nature divine ! La régénération n’est en aucune manière l'acquisition de la nature divine. La sanctification qui s’attache à la foi est seulement la transformation progressive par l'Esprit de Dieu de notre nature humaine flétrie par le péché. Elle n’est en rien une transfiguration.

- Si l’homme n'est pas un faux ou demi-Dieu qui pourrait agir à sa guise, Dieu n’est pas au service des décisions et des proclamations d'autorité de sa créature. Il n’a donc aucune obligation d’accéder à la demande de l’homme.  L’homme ne peut manifester aucune exigence et ne peut pas être servi par Dieu. Car l’homme n’est pas une créature divine, et Dieu se caractérise par son omnipuissance de créateur et de rédempteur.L’homme est seulement « à l’image de Dieu » mais il s’agit d’une ressemblance très imparfaite, d’une simple image en devenir.

 

B la nature de la maladie 

La maladie n'est pas une conséquence directe de péchés particuliers, ni de l’individu, ni de son ascendance. Les maladies n'ont pas toutes, et même pour la plupart, des racines spirituelles personnelles. Elles ne sont pas l’expression d’un châtiment divin dirigé contre quelqu’un. Elles sont plutôt une des conséquences de la condition humaine. C’est ainsi que les maladies ne sont ni justes (lorsqu’elles sont causées par des abus, des imprudences, des transgressions), ni injustes (lorsqu’elles n’ont pas de justification rationnelle). Elles sont le fait du destin.

La maladie est en effet fondamentalement liée à la sentence divine sur l’humanité globale : « tu mourras ! » (Gn2:17) annoncée par Dieu à Adam. Notre condition humaine est marquée définitivement par la faiblesse du corps et du caractère. Le Christ par son salut a levé cette sentence mais pour l’au-delà, pas pour le parcours terrestre. C’est le retour du Christ qui inaugurera la rédemption de notre corps et la victoire définitive sur la mort. Le croyant n’a donc pas plus de titre qu’un autre à « récupérer » une bonne santé.

Quelle est la signification dans l’Evangile des miracles de Jésus ?

Comme celui qui est malade et ne guérit pas n’est pas forcément châtié par Jésus. Certes, il arrive à Jésus de dire « ta foi t’as sauvé », mais Jésus sauve par ailleurs beaucoup de lépreux, qui ne se retourneront même pas pour le saluer ! Certes, Matthieu écrit qu’à Nazareth, le maître « ne fit pas beaucoup de miracles, à cause du manque de foi de la population ». (Mt 13,58)

Le miracle, c’est le symbole de la force irrépressible, parfois extraordinaire, que donne la foi ; c’est aussi l’illustration de l’absolue souveraineté de Dieu sur toutes choses. Le Seigneur agit à son rythme, de manière insondable pour nous, selon une rationalité qui nous dépasse.

Prier Jésus pour se relever d’une maladie, ce n’est pas implorer son pardon, ce n’est pas négocier quelque faveur, c’est lui exprimer notre confiance, et plus particulièrement notre confiance en la grâce divine, qui n’est pas seulement lisible par ses manifestations en ce monde.

Mais le miracle n’est pas la règle. Il reste l’exception. La cruauté du monde est parfois bien lisible. La destinée d’un enfant aimable et aimé de tous peut être de mourir d’une maladie atroce, sans qu’aucune prière, aucune action ne soit utile.

Parmi d’autres livres de la Bible, le libre de Job est une illustration du caractère apparemment aveugle de la destinée, qui n’est pas le châtiment divin.

La parabole du riche et du pauvre Lazare témoigne de la possibilité d’une compensation dans l’autre vie aux déboires de la vie terrestre, qui n’est pas une mince compensation puisqu’un moment de douleur sera effacé par une éternité de félicité.

Comme il nous faut aussi tout mettre en œuvre pour accompagner ceux qui sont dans l'épreuve, quels qu’ils soient, croyants ou non, et qui peuvent avoir un sentiment d'échec parce qu'ils n'ont pas obtenu ce qu'ils avaient demandé.

Il ne faudrait surtout pas se laisser conduire à manifester de la suspicion envers les malades, comme s’il s’agissait d’une punition divine plus ou moins méritée. Souvenons-nous du livre de Job, de la réaction finalement malsaine de chacun de ses amis face à la persistance des malédictions, des maladies ou accidents créés par l’intervention incompréhensible et en apparence d’ailleurs scandaleuse de Dieu. Lorsqu’il s’est enfin exprimé, Dieu a condamné de telles attitudes. Mais il a répondu à la requête de Job d'une manière différente de ce que notre raison attendait. Il a attendu que Job s’en remette à lui, et ne cherche plus à expliquer par un seul raisonnement de bon sens les causes de ses malheurs, ou à demander d’impossibles et inutiles justifications.

La maladie ne peut donc être directement, systématiquement et automatiquement vaincue par la foi.

 

C. La foi ne peut avoir l’efficacité instrumentale que certains souhaiteraient.

 

La foi n'a de portée que dans le cadre d'un vis-à-vis personnel entre Dieu et le croyant. Toute conception de la foi comme une foi qui posséderait en elle-même la clef de son efficacité s'écarte de la bible. Il ne faut pas avoir la foi en la foi mais la foi en Dieu. Dans l’enseignement de Jésus sur la prière, Dieu reste toujours Dieu, Seigneur et décideur ultime. La foi est d'abord une relation de confiance. Toute conception de la foi qui imposerait à Dieu sa décision ou son action serait une prière de païen parce qu’elle compterait non sur Dieu mais sur l’efficacité propre de la prière humaine, par sa formulation ou par sa répétition. Ce serait encore une forme de salut par les œuvres humaines. Or, c'est à Dieu seul qu'appartient en toutes circonstances la décision : Jésus l’affirme avec force dans l'Évangile de Mathieu : « Quand vous priez, ne rabâchez pas comme des païens ; ils s'imaginent que c'est à force de paroles qu'ils se feront exaucer. Ne leur ressemblez donc pas car votre père sait ce dont vous avez besoin, avant que vous ne demandiez. »

Nos paroles comme nos prières n'ont donc aucune puissance créatrice, parce que seul Dieu est créateur. Imaginer que la présence et la puissance de Dieu sont déclenchées par notre parole de foi, c'est d'une certaine manière instrumentaliser le Seigneur, tentation que Jésus avait dès le départ, dans le désert, démasquée et refusée. N'oublions pas que Jésus a répondu à Satan au début des Evangiles synoptiques : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »

Il n’existe aucun lien entre l’efficacité de la prière et l’efficacité attribuée à l’observance des rites dans les religions traditionnelles. Sinon, ce serait une pensée magique, alors que la prière biblique se vit dans la relation, la confiance, la soumission à Dieu, et l'attente de son action souveraine. La prière, c’est aussi s’en remettre à Dieu, à ce que Dieu estime bon pour nous, à cette « destinée » que lui seul connaît, à cette prédestination qu’il nous réserve comme conséquence de sa toute puissance.

Certes, la proclamation de notre confiance par la prière est en soi une bonne chose. Mais il ne s'agit en aucune manière d’un moyen qui serait à notre disposition en vue d’obtenir ce que nous demandons, ou d'une démarche qui aurait en elle-même son efficacité. Dieu nous écoute, mais notre démarche doit être conforme à sa volonté. La foi n'a de sens que si elle nous met au diapason avec Dieu. Là où cette harmonie existe, la foi peut se déployer, mais n'oublions pas que dans l’Évangile de la grâce, tout exaucement n'est que pure grâce.

Or, faire de la prospérité ou de la bonne santé un but, et de la foi un moyen pour l'atteindre, c'est idolâtrer la prospérité ou la vie terrestre et dénaturer la foi, comme le rôle de la grâce, ou le sens de la vie terrestre. Dieu ne nous promet que la vie éternelle, le bonheur terrestre.

Dieu peut avoir légitimement d'autres objectifs que notre santé et notre prospérité matérielle. L'écriture intègre aussi dans la pédagogie de Dieu des expériences comme la privation, l'épreuve, l’attente, la dépendance, la persévérance. Personne ne peut enlever à Dieu ces outils.

L’agenda de Dieu dans l’Ecriture différencie le temps actuel où nous expérimentons les prémices de la rédemption et le temps de la rédemption finale, que nous attendons encore. L’expérience de l'inachevé est utilisée par l’Esprit pour nous faire progresser et aspirer au bien suprême que Dieu tient en réserve pour nous. Le bien immédiat n'est pas le bien supérieur. Dieu nous demande l'amour gratuit et persévérant. Il reste le maître du temps, des étapes et des moyens qu'il emploie pour réaliser en nous le bien qu'il vise pour nous.

Lorsque Jésus nous invite à amasser un trésor, les choses sont claires : c'est dans le ciel, et non sur la terre. Car alors, Dieu demeurant parmi les hommes, « il n’y aura plus ni deuil, ni souffrance, car le monde ancien aura disparu (Apocalypse 21,1-4 

 

- La première orientation est de forger sa confiance envers Dieu, et d’exprimer cette confiance dans sa prière. Elle apporte d’abord un premier mais un incomparable réconfort qui peut être parfois le seul qui reste à un être humain en détresse, malade, aux portes de la mort.

Celui d’être à côté d’un Dieu aimant, souffrant avec sa créature, et qui n’abandonne jamais celle-ci. C’est plus qu’un confort, plus qu’un palliatif. C’est aussi parfois une thérapie. Chacun connaît l’importance dans la maladie de la force intérieure, de la détermination, de la confiance ou de l’amour. C’est un résultat, même indirect, de la confiance en Dieu, qui est en elle-même confiance en la guérison, confiance en la vie éternelle, dédramatisation de la mort, de la maladie, de l’épreuve. La prière est ainsi instrument de ressourcement, de réconfort, de renfort. C’est une thérapie en ce sens indirect, mais aussi puissante que beaucoup de médicaments ou de médecines ou de psychothérapies. Il est cependant un autre effet de la prière, plus profond.

A cet égard, la prière, qui permet d’entrer en contact avec Dieu, est un facteur de guérison : « La prière de la foi sauvera le patient et le Seigneur le relèvera. S’il a commis des péchés, ils lui seront remis. Confessez donc vos péchés et priez les uns pour les autres, afin que vous soyez guéris » dit l’apôtre Jacques (5,15-16). Celui-ci ne distingue pas vraiment guérison spirituelle et guérison corporelle. C’est plutôt la guérison spirituelle qui apparaît déterminante. Le salut éternel, c’est celui de l’âme.

Dans sa grâce, Dieu a permis que l’intelligence humaine discerne les méfaits et les bienfaits de telle ou telle action pour le corps humain. Il a autorisé et facilité les progrès de la médecine qui sont bons en eux-mêmes, même si ceux-ci doivent se placer sous le respect vigilant de l’éthique. L’homme doit les accepter comme un don de Dieu, et veiller à sa santé en se soignant, en prévenant les risques par sa conduite au quotidien.

Le chrétien doit accepter comme un autre don de Dieu que le médecin ait un jugement éclairé ou une action adaptée par rapport à la maladie et en vue d’une guérison. Il doit donc lui faire confiance sans se fermer aux possibilités offertes par exemple par le don du sang. Rien ne l’interdit dans la Bible, qui donne son importance au corps, et à tout ce qui est la vie.

La perspective de la libération de la maladie est légitime. Notre foi, qui nous permet d’attendre dans l’espérance la fin de la mort, peut nous permettre aussi de demander, pour nous ou pour les autres, la prolongation de notre parcours terrestre et donc la délivrance de la maladie. Car ce parcours a un sens, il est légitime, voulu par Dieu.

Et Dieu, qui écoute la prière, peut toujours, à tout moment, agir pour inverser le cours des choses qu’il détermine. La Bible est pleine d’exemples en ce sens.

De même, le Seigneur encourage la prière pour les malades, ce qui signifie qu’il se réserve dans tel ou tel cas d’intervenir, tout en invitant ceux qui prient à rester soumis à sa volonté :

Jacques l’affirme (Jq 5:13-18) : " L'un de vous souffre-t-il ? Qu'il prie. L’un de vous est-il malade ? Qu'il fasse appeler les anciens de l'église et que ceux-ci prient après avoir fait une onction au nom du Seigneur.

La prière de la foi sauvera le patient ".

Ne nous y trompons pas : Jacques n’annonce pas les miracles de Lourdes !
Ce à quoi il appelle d'abord, c'est à la communion fraternelle, à la solidarité de prière devant Dieu. Mais Jacques insiste sur l’importance de la prière, de la prière commune, et du lien direct avec Dieu.

- La deuxième orientation  est de ne pas faire preuve d’exigences déplacées sur ce que permet la prière et ce à quoi conduit plus globalement la vie chrétienne : Dieu pourvoit à toutes choses selon son plan qui est parfois incompréhensible, le plus souvent insondable. Même si en apparence il n’intervient pas, Dieu n’est pourtant pas du tout hostile. Il reste alors dans son rôle, même si – comme Jésus l’a ressenti sur la Croix – on peut avoir un sentiment d’abandon. Dieu est appelé à nous donner notre pain quotidien dans le « Notre Père », pas la richesse matérielle et même pas la santé. Dieu est surtout prêt à nous accorder le pardon des offenses et de péchés, pas une vie éternelle ici-bas ou riche dénuée de soucis.

Il n’en reste pas moins vrai que le respect des principes (ou commandements) bibliques dans la vie quotidienne, comme une vie simple et saine conduira à une qualité de vie supérieure et donc dans beaucoup de cas à une santé physique et mentale meilleures. La sobriété, le pardon des offenses confèrent de gros avantages. Dieu peut intervenir pour récompenser, honorer certaines conduites fidèles. S’il ne va pas pour autant vouloir punir celui qui se refuse à cette sobriété, il offre un guide : les lois naturelles, qu’il a créées en termes notamment de sobriété au sens large de ce terme, font que bonne vie et vie chrétienne vont de pair. La foi n’implique certes pas la perfection. Mais il ne faut pas faire d’excès de vitesse ou de boisson en se fiant à la mansuétude de Dieu. 

Mais surtout, beaucoup de thérapeutes remarquent que la foi a un impact positif sur la santé car, comme la médecine, la foi est une forme de sursaut contre la fatalité. Prier, croire, pratiquer, cela conduit à une meilleure résilience aux maladies mentales comme physiques. Et ce n’est pas le seul facteur psychologique qui compte, même si celui qui croit que la vie a un sens en raison de la présence avec lui d’un Dieu d’amour peut aider à supporter le diagnostic d’une maladie délicate ou incurable.

- Enfin, et surtout, la guérison dès ici-bas n’est pas étrangère aux principes de générosité, d’amour, et de gratuité, qui sont à la base de l’éthique chrétienne. Ces principes conduisent le croyant à ne pas rester concentré sur son propre cas, sur ses seuls intérêts, sur sa seule santé. Il doit aussi aller vers les autres, penser aux autres, agir pour les autres. Il ne saurait se contenter d’une médecine de techniciens et de médicaments. Il bénéficie aussi d’un accompagnement spirituel, qui provient de la communauté chrétienne : l’accompagnateur spirituel ou l’aumônier sont aussi utiles au sein d’une équipe de soin qui accepterait le partage des missions et des rôles.

Il faut selon la parole de Paul « semer pour récolter ». Mais l’image de la semence est bonne, si on la rapporte à un don gratuit. Si quelqu’un donne pour recevoir, ce n’est pas un don gratuit. Le don est alors fait dans un intérêt personnel.

Au contraire, semer avec amour et foi, cela permet de moissonner avec abondance, par l’action de Dieu, selon la mesure de sa grâce insondable. Et cette moisson, qui résulte dans ce que la sagesse populaire appelle la bonne conscience, la satisfaction du devoir accompli, le bonheur du parcours engagé vers un vrai but, conforte la santé.

 

En conclusion, tout peut être demandé à Dieu. Mais ce que Dieu nous demande avant tout, c’est notre confiance, notre aptitude à nous en remettre à lui, à le reconnaître dans son absolue souveraineté et sa bienveillance elle aussi absolue, mais tout autant insondable.

Contrairement à ce que pourrait laisser penser une lecture trop rapide des miracles de Jésus, Dieu ne remplace ni les magiciens ni même les médecins. Si la foi donne la vie éternelle, elle ne garantit pas l’allongement de la vie terrestre, et son allègement de toute maladie.

Comme toute épreuve, la maladie doit être acceptée par le Chrétien. Elle ne doit pas lui faire perdre confiance en Dieu. A cette condition, celui-ci disposera alors d’armes nouvelles pour l’affronter.

 

 

pour aller plus loin : la théorie de la prospérité , vidéo de la FEEBF 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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