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Luc  9 :11-52

 

Le message de ce matin est venu à mon esprit suite à une période que je viens de traverser de questionnement sur mon rôle et sur les difficultés que l’on rencontre dans le service du Seigneur. Une période à la fois de doutes, de craintes et même de découragement. C’est donc d’abord à moi que s’adresse ce message mais j’espère qu’il peut aussi vous être utile et vous faire du bien. Alors que j’étais face à ces questions, nous sommes allés à quelques uns à la journée mondiale de prière des femmes à Montmorency. Comme vous le savez, à cette occasion des chrétiens (chrétiennes) s’unissent dans la méditation et la prière sur toute la terre sur un thème proposé par les femmes d’un pays et cette année le message préparé par les femmes chrétiennes du Chili était basé sur le récit de la multiplication des pains de Luc 9 et ce texte m’a parlé, en fait, j’ai repris tout le chapitre. J’aimerais reprendre ce chapitre 9 de l’évangile de Luc et regarder ce texte cette fois-ci en se plaçant du point de vue des disciples parce que selon moi, ce texte met en évidence les erreurs et les difficultés auxquelles font face les disciples et peut-être nous aussi et sûrement moi aussi dans notre vie chrétienne.

Les disciples sont envoyés pour propager la bonne nouvelle, 2 par 2, c’est leur première mission et ils reviennent tout exaltés de ces missions, où ils ont pu prêcher, guérir des malades et même chasser des démons donc un moment d’euphorie spirituelle mais la suite montre que malgré ces expériences exaltantes, ils ont encore besoin d’apprendre ce que c’est que de suivre Jésus.

1-               Manque de vision (11-17).Jésus prêche à la foule, il fait des miracles et la foule le suit. Mais le soir arrive et les disciples s’inquiètent de l’intendance comment nourrir une telle foule  d’où l’idée de les renvoyer pour qu’ils trouvent leur nourriture, c’est une idée qui semble raisonnable et même la seule solution possible. Aussi, ils ont certainement été choqués de la réponse de Jésus : ‘Donnez-leur vous-mêmes à manger’ ! Quoi ! On n’a rien ! Jésus est en train de les charger d’un problème bien au dessus de leur capacité. Cet ordre de Jésus nous rappelle que la foi ne s’apprend pas dans un livre mais qu’elle s’acquiert par les diverses épreuves de la vie, confronté à nos incapacités humaines. La foi, c’est la ferme assurance de choses qui nous dépassent. Dans les situations difficiles nous avons tendance à surtout regarder à nos moyens humains. Tu me demandes des choses, Seigneur, mais je ne peux pas, c’est trop difficile pour moi. Pourtant, les disciples viennent de vivre des jours où ils ont vu la puissance de Dieu de manière concrète, mais en face de la difficulté tout cela est oublié. Ils ont perdu la vision de la réalité divine. Nous aussi, j’en suis sur, nous avons expérimenté la puissance de Dieu dans notre vie, nous savons que Dieu est capable et il nous demande de regarder à Lui. Etre disciple c’est obéir à Dieu non pas en regardant à nos capacités mais en regardant à Lui et lui faire confiance en regardant à Lui. 

2-               Manque de consécration (23-27).Pierre après cette expérience et un temps de prière avec Jésus, se fait l’interprète des autres disciples et témoigne de sa foi et proclame que Jésus est le messie, le Christ de Dieu. A cette confession, Jésus répond en affirmant qu’il y a un prix à payer pour vivre en disciple. Jésus lui-même a vécu cela, il connait le prix de sa mission et assume cette consécration. A la fin de ce chapitre, Jésus reprend cette idée en répondant à 3 personnes qui désirent le suivre mais qui mettent en avant des raisons légitimes pour différer leur engagement : ‘Un autre dit : Je te suivrai Seigneur, mais permets-moi d'aller d'abord prendre congé de ceux de ma maison. Jésus lui répondit : Quiconque met la main à la charrue et regarde en arrière, n'est pas bon pour le royaume de Dieu.’ La vie chrétienne, c’est un choix, un engagement libre de sa conscience et de sa volonté, mais c’est aussi l’acceptation d’un prix à payer. Jean-François, la semaine dernière nous a rappelé que les serviteurs qui ont été récompensés sont ceux qui ont accepté de mettre en jeu, les dons, les talents qu’ils avaient reçus. Pour cela, Jésus nous invite à regarder en haut et à considérer le but, la rémunération de notre engagement : ‘Celui qui perdra sa vie, à cause de moi, la sauvera’.  Jim Elliot, le missionnaire américain qui a été assassiné en 1955, par les indiens Aucas en Amérique du Sud a dit : ‘Il n’est pas fou celui qui abandonne ce qu’il ne peut conserver pour obtenir ce qu’il ne pourra pas perdre.’ Nous souffrons dans notre vie chrétienne de ce manque de consécration en restant trop attaché aux choses de ce monde même lorsqu’elle sont légitimes et cela entrave notre marche d’enfant de Dieu et enlève notre paix et cela nous conduit à être frustrés, amers. Cela trouble profondément notre vision de Dieu et des autres. L’apôtre Paul nous incite à grandir dans notre consécration au Seigneur en nous appuyant sur sa grâce (2Cor.12 :9). La conséquence d’un manque de vision, c’est un manque de consécration.

3-               Manque de perspective (37-42). Jésus prend 3 de ses disciples, Pierre, Jacques et Jean avec lui et monte sur la montagne pour prier. En passant, on peut souligner l’importance de la prière dans tout ce passage et conclure que nous devons aussi progresser dans ce domaine aussi bien dans notre vie personnelle que dans notre vie d’église. Cet évènement extraordinaire relaté ici, représente un épisode important dans la vie de Jésus et une étape vers sa Passion et sa Résurrection. Mais les trois disciples sont fatigués et s’endorment et ratent le début de cet évènement glorieux de la transfiguration ou plutôt la confirmation de  la vocation de Jésus. Evènement qui témoigne à la fois de la gloire de Dieu et de la divinité de Jésus-Christ. Quand ils se réveillent, les disciples voient Jésus en compagnie de 2 autres hommes venus de nulle part en qui ils reconnaissent Moïse et Elie, les représentants de tout l’ancien Testament, la Loi (Moïse) et les prophètes. C’est l’affirmation claire que Jésus est bien le Messie annoncé dans les écrits de l’AT et attendu par le peuple. La transfiguration c’est le point de jonction entre l’ancien et le nouveau testament, entre l’humanité et la divinité de Jésus-Christ. On peut faire un message tout entier sur cet épisode de la transfiguration mais moi, je vais me limiter à la réaction des disciples et en particulier de Pierre. Il est évidemment éberlué de ce qui se passe, le visage resplendissant de Jésus, sa tunique éclatante, l’apparition de Moïse et Elie, l’évidence de la gloire et de la sainteté de ce moment et de ce lieu, alors, il propose de construire 3 tentes pour chacun de ces personnages étonnants. Pierre veut prolonger ce moment exceptionnel, mais le Seigneur le reprend et interrompt brusquement cette proposition par un nouveau phénomène, une nuée et une voix venue du ciel qui répète ce qui a déjà été dit au moment du baptême de Jésus ‘Celui-ci est mon fils élu’ et la voix s’adresse alors directement aux disciples comme à nous ce matin ‘Ecoutez-le !’. Les disciples n’ont pas besoin de la présence de Moïse et d’Elie, ils ont besoin d’écouter le Seigneur. Nous aussi, souvent, nous avons du mal à trouver le temps d’écouter le Seigneur. Pierre désirait rester et prolonger ce moment spirituel exceptionnel. Je pense que vous avez déjà éprouvé cela, vivre un moment avec Dieu exceptionnel (un camp, une retraite, un week-end) et on voudrait que cela dure toujours mais la vie chrétienne nous conduit à laisser ces moments sur la montagne et à redescendre dans la plaine avec ses problèmes et ses difficultés. La base de notre vie ce n’est pas les expériences spirituelles mêmes lorsqu’elles sont exaltantes, la base c’est la parole de Dieu, c’est l’enseignement de Jésus ‘Ecoutez-le’. Pierre a compris cela et il va le répéter dans son épître (2 Pi.1 :16-21) Les expériences enrichissantes et bénies que nous pouvons vivre ont pour but de renforcer notre foi et pour nous encourager à reprendre avec courage notre œuvre. Jésus ramène les disciples dans la vallée parce que c’est là que sont les besoins, il leur redonne la vraie perspective de leur mission, être des témoins et répondre avec l’aide de Dieu aux besoins quotidiens du monde qui souffre sans espérance et sans Dieu et il nous répète ce commandement dérangeant ‘Donnez-leur vous-mêmes à manger’

Culte du 13 Mars 2011

 

 

Les problèmes des disciples II : Luc  9 :11-52

Le message de ce matin fait suite à celui d’il y a un mois. J’ai partagé que dans une période de questionnement, de doutes et de découragement, j’ai été interpellé par le Seigneur, lors de la réunion de la JMP du 5 Mars par ce texte de Luc 9, choisi par les femmes chrétiennes du Chili, le récit de la multiplication des pains et cela m’a conduit à regarder tout ce chapitre 9 de Luc et à y découvrir des leçons sur les différents problèmes que peuvent rencontrer les disciples et nous aussi pour répondre avec l’aide de Dieu aux besoins quotidiens du monde qui souffre sans espérance et sans Dieu et obéir à ce commandement dérangeant ‘Donnez-leur vous-mêmes à manger’.

I – Manque de puissance (v 37-42). Le premier récit (Luc 9:37-42) que nous trouvons c’est celui de l’échec des 9 disciples qui sont restés quand Pierre, Jacques et Jean assistaient à la transfiguration de Jésus sur la montagne. Il faut se souvenir que quelques temps auparavant, Jésus avait envoyé ses disciples prêcher le royaume de Dieu et qu’Il leur avait donné le pouvoir de guérir (1-2) et au cours de cette mission, les disciples ont pu expérimenter la puissance de Dieu (6). Mais voilà que subitement, devant cet homme qui amène son fils possédé, çà ne marche plus ; pourquoi ? Pourquoi ce manque de puissance. Les disciples sont tombés dans le piège classique de penser que c’étaient en eux qu’était la puissance. Jésus leur reproche sévèrement ce manque de foi, on est étonné de la dureté du reproche de Jésus ‘Race incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous et vous supporterai-je ?’. Pourquoi Jésus est-il si dur ? Parce que les disciples ont oublié l’essentiel. La puissance n’est pas en eux, elle est en Dieu seul. Prétendre le contraire, ce n’est pas seulement un manque de foi, c’est une mise en cause de la personne et de l’œuvre de Dieu, c’est un blasphème. Vouloir régler les problèmes et faire face aux difficultés avec nos propres forces c’est s’exposer à la même apostrophe de Jésus : ‘Race incrédule et perverse, jusques à quand serai-je avec vous et vous supporterai-je ?’. Si les disciples ont manqué de puissance dans cet épisode, c’est tout simplement parce qu’ils ont oublié Dieu. Lui seul peut changer, transformer, guérir, délivrer. Dans le récit correspondant de Matthieu, Jésus ajoute que la faute des disciples c’est d’avoir oublié la prière et le jeûne. Ces deux attitudes, la prière et le jeûne sont justement l’illustration de notre dépendance vis-à-vis de l’Eternel. Prier et jeûner, ce ne sont pas des moyens pour nous rendre plus aptes à agir pour Dieu, non, c’est l’affirmation que je reçois tout de Lui et que Lui seul peut agir. C’est très triste quand les enfants de Dieu se comportent ainsi, ils mettent alors en avant l’homme et de ce fait amoindrissent la gloire de Dieu. Nous sommes peut-être comme les disciples confrontés à des situations qui nous dépassent et pour lesquelles nous sentons impuissants, nous avons essayés mais cela n’a pas marché, plutôt que de chercher des explications ou des excuses, le Seigneur nous invite à revenir à Lui et à chercher en Lui la solution. Il est tout puissant et nous allons proclamer cela dimanche prochain à Pâques (Eph.1 :19-23) en proclamant qu’Il est ressuscité. Notre manque de puissance traduit seulement notre éloignement du Seigneur. Il faut aussi redire toute l’importance de la prière dans la vie de l’enfant de Dieu. La prière aussi bien individuelle que communautaire n’est pas une option facultative dans la vie du chrétien c’est aussi vital que sa respiration.

II- Manque d'unité (46-48) Les disciples nous ressemblent, dans un groupe, il devient important de se distinguer, de dominer, d’être devant et une dispute commence entre eux : ‘Qui est le plus grand’. J’imagine assez facilement les arguments, les trois qui ont eu l’occasion de monter avec Jésus à la montagne de la transfiguration ont du se dire qu’ils étaient bien placés, surtout que les 9 autres viennent de vivre un échec ? C’est peut-être çà qui est la cause du débat. Dimanche dernier, Jean-François nous a dit qu’un des critères du bonheur, c’est une bonne image de soi et on est justement face à cela. ‘Qui est le plus grand ?’. Mais le texte nous dit que Jésus qui connaissait leurs pensées leur répond en prenant un enfant et le présentant comme un modèle. Du temps de Jésus, un enfant n’était pas une personne, pour être pris en considération, il fallait attendre l’âge adulte. L’enfant était un être dépendant et soumis à ses parents. C’est une image de la dépendance et de l’humilité, voilà le modèle que Jésus leur montre. Parce que l’autosuffisance et l’orgueil sont les racines du mal le plus grave de l’église qui est le manque d’unité et la division. Et il faut confesser avec tristesse que tellement souvent l’église a vécu cela. Combien de personnes ont été découragées de s’approcher de Dieu en voyant la désunion dans l’église. Au lieu d’être mis en relation avec le Seigneur, c’est les limites humaines qui leur ont été présentées. Jésus nous exhorte dans cet épisode à réaliser que comme enfant de Dieu, tout ce que nous avons vient de Lui, nos capacités, nos talents et que donc nous ne pouvons pas nous enorgueillir. L’orgueil c’est un péché qui a une caractéristique c’est qu’on le voit très facilement chez les autres et qu’on le discerne très difficilement en soi. Mais nous le savons, Dieu nous invite à l’humilité, Dieu résiste aux orgueilleux mais il fait grâce aux humbles. Le vrai témoignage est là.

III - Manque de tolérance (49-50) Nouveau problème rencontré par les disciples, alors qu’eux viennent d’échouer à délivrer un jeune homme possédé, voilà qu’un homme qui ne suit pas Jésus, lui il délivre. C’est inacceptable, mais voilà que Jésus au lieu de se scandaliser approuve. Les disciples montrent bien peu d’amour. Le plus important, c’était la guérison de cet homme. Il est dangereux de penser que nous sommes les seuls aptes à faire ce que Dieu attend, cela conduit à l’orgueil et au sectarisme et cela s’oppose à l’amour et à la grâce. Regardez ce que Paul, qui pourtant n’était pas un mou dit dans Phil.1 :15-18. Nous ne sommes pas juges, nous sommes seulement ouvriers pour Dieu. Dans sa moisson, ce n’est pas à nous de trier entre le bon grain et l’ivraie. C’est Lui qui jugera. Dieu nous invite à être tolérants. Là aussi notre intolérance est souvent un obstacle à l’évangélisation et fausse l’image de Dieu.

Enfin manque de compassion (51-56). Vous souvenez que du temps de Jésus, il y avait du racisme et de la haine entre les juifs et les samaritains. Les juifs méprisaient les samaritains et les disciples se sentent provoqués par ce refus et ils veulent se venger ‘Fais descendre le feu du ciel et qu’il les détruise’. Voilà le résultat du racisme. Mais Jésus renverse cela, lui il voit des hommes et des femmes qui ont besoin de Dieu, Lui il a compassion comme l’histoire du bon samaritain justement. C’est évident que ce n’est pas l’esprit de Dieu qui à cet instant était dans le cœur des disciples. Jésus leur enseigne que c’est pour ces hommes et ces femmes aussi qu’il est venu et c’est pour eux aussi qu’il va mourir sur la croix. C’est vrai qu’il y a aussi aujourd’hui des hommes qui rejettent l’évangile, y compris avec violence mais le Seigneur nous invite par ce texte à répondre par la compassion. Nous aussi parfois, nous voyons l’autre comme un ennemi et nous aimerions bien que l’évangile soit une kalachnikov, mais ce n’est pas l’évangile de Jésus-Christ. L’évangile c’est la compassion, c’est le cœur même de Dieu, c’est le pardon, c’est la grâce et le Seigneur nous incite à enlever de nos cœurs tout ce qui rejette l’autre. L’autre c’est celui que Dieu aime.

Dans ce chapitre 9 de Luc, Jésus nous redonne la vraie perspective de notre mission, être des témoins. Tous ces manques, Dieu est prêt à les combler pour que nous puissions répondre avec l’aide de Dieu aux besoins quotidiens du monde qui souffre sans espérance et sans Dieu et il nous répète ce commandement dérangeant ‘Donnez-leur vous-mêmes à manger’.

Culte du 17 Avril 2011  

 

 


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