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J’ai prévu de méditer avec vous pendant un certain temps, les 15 psaumes que l’on trouve dans le livre des Psaumes et qu’on appelle Cantiques des degrés ou Psaumes des montées ou encore Chants de pèlerinage. Il s’agit dans les traductions habituelles des Psaumes 120 à 135 qui commencent tous par cette dénomination. Il s’agit d’un groupe de Psaumes particulier, des psaumes généralement assez courts surtout comparés au Psaume 119 qui les précède. On admet généralement, même si ce n’est pas une certitude, qu’il s’agit de Psaumes qui étaient chantés par le peuple d’Israël lors qu’il montait en pèlerinage à Jérusalem. En effet, le peuple d’Israël qui habitait la Palestine devait en principe 3 fois par an, monter en pèlerinage à Jérusalem pour retrouver l’Eternel au temple. On se souvient que lors d’un de ces pèlerinages Jésus adolescent de 12 ans se perd et que ses parents le retrouve au temple. Ce sont donc des psaumes importants que le peuple chantait ou récitait régulièrement et qui ont un vrai but d’enseignement pour le peuple d’Israël mais aussi pour nous aujourd’hui. Que pouvons nous apprendre aujourd’hui de ces psaumes, nous qui sommes maintenant le peuple de Dieu ?

1-   Dieu nous appelle à être des pèlerins.

Rappelez-vous comme Dieu appelle Abram (Gen. 12 :1 et 4) puis le peuple d’Israël à sortir hors d’Egypte, à quitter leur maison, leur résidence pour partir et aussi comment Jésus interpelle les disciples « Suivez-moi » et ils partent en quittant leur travail, leur famille. Le peuple de Dieu est un peuple de nomades , un peuple qui n’est pas résident de ce monde, un peuple en marche vers le pays de la promesse. Cela me remet en mémoire le livre de J.Bunyan Le voyage du pèlerin le voyage du pélerinque j’ai lu dans ma jeunesse. Jésus lui-même était nomade, il n’avait pas de lieu où reposer sa tête.L’apôtre Pierre traduit cela en disant que nous sommes étrangers et voyageurs sur la terre (1Pi.2 :11). Trois fois par an, Israël faisait ce voyage pour monter à Jérusalem afin d’adorer Dieu. Une première fois, à Pâques pour rappeler qu’ils devaient leur salut à l’exode et à cet ordre donné par Dieu de partir hors d’Egypte, puis ils renouvelaient leur alliance avec l’Eternel à la pentecôte et enfin, ils venaient au temple pour exprimer leur reconnaissance des bénédictions divine en automne, lors de la fête des tabernacles (Ex. 23 :14-17). C’était la manière de montrer qu’ils étaient un peuple à part, choisi par Dieu, consacré et béni par l’Eternel. Un peuple différent. Peut-être que ces Psaumes ont servi lors du retour à Jérusalem après l’exil à Babylone,un peu comme une réponse à l’appel du Roi de Babylone Cyrus (2Chron.36 :23). Une ancienne tradition chrétienne énonce trois obstacles sur le chemin de la foi : le diable, la chair et le monde. Nous sommes assez aisément conscients des dangers des 2 premiers qui sont effectivement réels mais nous minimisons souvent les dangers du monde, car l’environnement dans lequel nous sommes est bien souvent plus insidieux  d'où, l’interpellation de l’apôtre Jean : ‘N'aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l'amour du Père n'est point en lui;’ 1 Jn.2 :15.  

Et on est frappé de voir le nombre de fois où dans l’ancien testament, le Seigneur par la voix des prophètes, met en garde le peuple d’Israël contre une proximité trop grande avec les peuples voisins. C’était  l’un des buts de ces obligations données à Israël, lui rappeler qu’il était différent des autres peuples des alentours, il était le peuple choisi par Dieu.  Nous sommes dans le monde mais nous ne sommes pas ou plutôt nous ne devons pas être du monde, nous sommes le peuple de Dieu, un peuple acquis par le sacrifice de Jésus-Christ, un peuple mis à part.

2-       Chrétien touriste ou chrétien pèlerin ?               

Un des aspects les plus insidieux de l’influence du monde, ce que le monde nous inculque, qu'il considère important, c’est ce qu’on peut posséder immédiatement sur cette terre, le moteur de notre consommation aujourd’hui. Cela aussi pollue notre vision de la vie spirituelle, on veut consommer la foi ou la vie religieuse. Regardez, comment on se précipite lors d’une campagne d’évangélisation et comment tellement vite on se détourne, déçu parce que le résultat de ce choix n’est pas immédiat. C’est vrai aussi dans la vie de l’église. C’est le supermarché de l’expérience religieuse avec le développement d’un nouveau marketing évangélique, on vient et on consomme et éventuellement, on jette lorsque la nouveauté est ternie. Cela me fait penser à l’épisode des vendeurs chassés du temple par le Seigneur. C’est une idée qui  a été exposée par F.De Coninck au synode lors de son message sur le thème ‘Nos églises doivent-elles changer ?’ où il a opposé le touriste et le pèlerin après une expérience personnelle sur le chemin de Compostelle. Nous vivons une époque où l’église est soumise à l’esprit touristique. Chrétien touriste ou chrétien pèlerin ? Un touriste, il voyage, il quitte son pays mais brièvement pour une visite rapide et ensuite, il retourne chez lui. Ce peut-être une visite hebdomadaire au mieux, ce peut être une excursion spirituelle uniquement si il y a quelque chose d’exceptionnel, un évangéliste formidable, un concert ou une retraite remarquables, un prédicateur de talent, etc…,  on vient pour consommer en touriste, autrement, on reste tranquillement chez soi. Mais ce n’est pas ce que Dieu demande, il ne veut pas des touristes aussi sympathiques soient-ils, il veut des pèlerins, les pélerinsdes hommes et des femmes qui s’engagent de manière radicale. Jésus, n’est pas venu vers nous en touriste, il est venu jusqu’à nous pour nous chercher, il marche avec nous. La vie spirituelle n’est pas constituée d’excursions mais c’est une marche, un pèlerinage, qui implique un changement, un départ et qui exige ensuite un effort continu. C’est une épreuve d’endurance qui se traduit par des efforts continus pour atteindre le but, comme sur le chemin qui monte et qui mène à Jérusalem.Ce qui compte, ce n’est pas le départ aussi excitant soit-il, ce qui compte c’est d’arriver au but, d’atteindre le pays promis. Une marche, nous en connaissons le but mais nous en découvrons jour après jour l’itinéraire. Un pèlerinage c’est à la fois exaltant car nous allons vers un but, mais c’est aussi inquiétant car nous n’en savons pas les difficultés du parcours de chaque jour. On retrouve ces deux aspects dans cette série de Psaumes à la fois la demande de l’assistance du Seigneur mais aussi l’affirmation de son secours et de son aide. Il est étonnant de remarquer que le dernier verset du Psaume 119 qui précède se termine justement par cette demande : Je suis errant comme une brebis perdue; cherche ton serviteur, Car je n'oublie point tes commandements.’ Ps.119 :176,comme si la série des Psaumes des degrés était une réponse à ce besoin de suivre Dieu, un peu comme les chants de la route.

Conclusion

Cette image des hébreux chantant ces quinze psaumes alors qu’ils quittaient leurs villes, leurs villages leurs maisons, pour monter vers Jérusalem est une belle illustration de la vie de foi et une incitation à progresser dans notre vie spirituelle sans se relâcher jusqu’au but. C’est aussi un encouragement à affirmer ce que nous sommes, nous sommes le peuple de Dieu en marche vers le but.Ces chants abordent plusieurs aspects importants de la marche vers le royaume et nous les verrons ensemble uns à uns. Ces psaumes sont à la fois un encouragement et un appel à progresser dans notre vie de foi comme le prophète Esaïe (Es.2:3-5 et Es.30 :29-30) nous y invite et c’est aussi une proclamation des promesses divines qui accompagnent le pèlerin car ils nous enseignent que Dieu est celui qui fait route avec nous.

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