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19 octobre 2012 5 19 /10 /octobre /2012 17:21

Nous étions 45 participants cette année à Corny , au centre de vacances , situé à 80 km de Deuil la Barre. Bernard et Madeleine Huck étaient nos invités . La transmission de la foi à travers la famille était le fil rouge de ce week end où nous avons assisté à des conférences-débat ,témoignages et la découverte d'une association .

 

Pour ceux et celles qui n'ont pas pu y participer , voici un petit album photo souvenir : corny: 2011-2012 corny: 2011-2012

graine 2vie

 

Nous avons donc eu également la visite de Romain et Rachel Denis qui nous ont présenté l'association Graines 2 vie . Le chapitre 6 de cet article est le résumé de leurs conseils pratiques.

 

Cette année , le sujet était intéressant et il nous concernait tous car il est certain que nous avons été ou serons controntés à ces questionnements . Je vous propose donc une synthèse des interventions de Bernard Huck .

Corny 2012 les participants 3 

1) En Introduction

De nos jours, on sous-traite beaucoup, et dans le cas de "transmission", la société décharge la famille dans maints domaines (garderies, centres aérés, programmes etc…) et même en ce qui concerne la spiritualité. Alors, quel est le rôle de la famille auprès de nos enfants ?

 

La famille possède 3 rôles fondamentaux, nous apprend la sociologie.

 

1.        Un rôle d’identité, défini par le nom, signe de la filiation qui donne des racines à l’enfant. Dans certaines cultures, la tribu ou le clan sont également très importants (cf. Ancien Testament).

2.        Un rôle de solidarité, pour permettre à l’enfant de grandir le plus harmonieusement possible. Quand la famille est déficiente, les problèmes sociaux font leur apparition.

3.        Un rôle de transmission, que rien ne peut remplacer s’il n’est pas tenu.

 

La notion de famille est large et souple dans les cultures et au cours de l’histoire, mais aujourd’hui la conception traditionnelle vit une crise. De nouvelles formes et de nouveaux modèles se développent rapidement. Au milieu de cette instabilité générale, les grands-parents jouent un rôle important, ainsi que l’Eglise, la "maison de Dieu".

Transmettre la foi aujourd’hui…Chaque enfant doit prendre sa décision personnelle, on ne peut donc pas transmettre l’élan qui conduit à la conversion. Mais nous pouvons exhorter nos enfants, les enseigner, leur faire aimer les valeurs chrétiennes en ce qui concerne les comportements, la vérité face au mensonge, les fruits de l’Esprit etc…Ne perdons pas de vue que nous pouvons transmettre le bien comme le mal (même à notre insu…) 

 

2) Dossier biblique

 

Dans l’Ancien Testament

Le judaïsme était une affaire de famille. Dieu avait dit à Abram : « Toutes les familles de la terre seront bénies en toi ». (Gen. 12 : 3) Tout au long de l’histoire du salut, Dieu a utilisé des familles pour travailler avec les hommes et leur montrer Sa grâce. Et elles étaient loin d’être des modèles ! Dispute entre Adam et Eve en Eden, crime dans la génération suivante

 

Un événement fondateur : La Pâque et la sortie d’Egypte.

La place centrale de la famille : la Pâque devait être mangée en famille, le sang devait être aspergé sur les linteaux des portes de la maison, et les familles entières étaient sauvées. Ces événements devaient être expliqués aux enfants dans la suite des temps. (Exode 12 : 25-27 ;  42)

 

L’essentiel de la loi : Deutéronome 6.

 « Ecoute, Israël, tu aimeras… » (v. 4). C’est un verbe lié à la famille, car c’est là qu’on apprend à aimer.

« Tu inculqueras à tes enfants… » (v.6). L’enseignement est confié aux pères en tout temps et en tout lieu : c’est une pédagogie active qui débouche sur des actes. Le front et les mains font référence à la pensée et à l’action. Même exhortation en Deut. 4 : 9. Ne pas oublier et enseigner. La transmission de l’Histoire Sainte doit se faire par la parole du père à ses enfants.

Voir aussi les Psaumes historiques 44 et 78 qui rappellent les hauts-faits de Dieu à transmettre impérativement. Les fêtes familiales juives servaient de support à cet enseignement.

 

Dans les Evangiles

Beaucoup de mentions de la famille ! Jésus à 12 ans, c’est une histoire de famille (Luc 2 : 41-48). Plus tard, Jésus dira que sa famille, ce sont ceux qui font la volonté de Son Père (Matth.12 : 50). Il confiera sa mère à Jean.

Il y avait des gens de la même famille parmi les disciples ; la mère des fils de Zébédée apparaît plusieurs fois ; la famille de Béthanie revêt une grande importance.

 

Dans les Actes. Une stratégie d’évangélisation

Les maisons sont souvent les camps de base pour diffuser l’Evangile. La maison de Corneille (Actes 10), la famille du geôlier de Philippes (Actes16), celle de Stéphanas (1 Cor. 1 : 16), d’Onésiphore (2 Tim. 4), sans oublier le couple Aquilas et Priscille. Les relations familiales préoccupent les apôtres qui s’adressent aux maris, aux épouses, aux enfants, aux personnes âgées.

 

3) La Transmission de la foi

Les enfants sont baignés dans la culture religieuse de leurs parents, leur éthique, leurs valeurs, leur tradition d’assister au culte ; le chant, la louange, etc…Mais ils peuvent adhérer à leur culture religieuse sans pour autant adhérer à la foi. D’après le sociologue protestant Jean-Paul Willaime, la famille pourrait être le maillon faible de sa transmission, car la société prône la laïcité, l’individualisme, le pluralisme. D’aucuns disent aussi que l’enfant n’aura qu’à choisir plus tard. D’autres facteurs s’ajoutent encore à cette situation : le "grand marché du religieux" qui propose à chacun selon ses envies, et l’influence de la société. Ainsi, selon un sondage, voilà ce que désirent les parents pour leurs enfants, dans l’ordre : des repères et du discernement, le bonheur, des valeurs morales, la vie éternelle venant en dernier…On assiste donc à une vision éclatée de la foi où chacun choisit ce qui lui convient. On constate que l’épanouissement personnel compte davantage que le sens du devoir. Jésus-Christ est alors relégué au rôle d’un ami qui réconforte, d’un exemple à suivre.

 

Pour conclure, on peut dire que la foi se transmet au mieux par la vie de la famille, grâce la cohérence entre ce que les parents disent et ce qu’ils font.

 


4) Le cas Timothée

Actes 16 : Lors de son 2ième voyage missionnaire, Paul repasse par les régions de Derbe et de Lystre où des églises étaient nées après son premier passage (Actes 13 et 14). Et là se trouve Timothée, qu’il va prendre avec lui.

Timothée apparaît comme faisant partie d’un famille problématique : multiculturelle et multireligieuse ; sa mère est une Juive pratiquante et son père un Grec païen, d’où sans doute le fait qu’il n’était pas circoncis.

 

Premier fondement de la transmission de la foi : stabilité et qualité de la relation

 - Timothée ne renie pas ses racines (juives) malgré une rupture dans la lignée (père païen). Il a eu dans sa vie un élément stable, les femmes de la famille. (2 Tim. 1 : 5) C’est une foi authentique et sans hypocrisie, qui rappelle celle de Paul lui-même quand il témoignait devant le sanhédrin « en toute bonne conscience ». (Actes 23 :1)

  - La qualité de la relation entre les parents et l’enfant est fondamentale : entre Timothée, sa mère et sa grand-mère, et ensuite entre Timothée et Paul, son père spirituel. (2 Tim. 1 : 2) Alors, l’enseignement dispensé ne ressemble pas à du bourrage de crâne. L’exemple de Saint Augustin est éloquent également. C’est grâce aux prières de sa mère qu’il a fini par se convertir. "Le fils de tant de larmes ne saurait être perdu", avait dit de lui Ambroise de Milan.

 

Deuxième fondement : une relation de discipulat.

Etre chrétien, c’est suivre Jésus-Christ. (« la bonne doctrine que tu as exactement suivie » -1 Tim. 4 : 6)

Suivre est le verbe du disciple ! Il en découle 4 qualités essentielles : la foi, la patience, l’amour, la persévérance.

Les difficultés font partie de la transmission de la foi. Paul parle longuement de celles qu’il a subies au cours de ses voyages. Il n’y a pas d’éducation sans souffrance, mais «  l’Eternel délivre de toutes les détresses » (Ps. 34 : 18).

 

Troisième fondement : l’Ecriture

Son enseignement et la relation personnelle avec le Seigneur. (Je sais en qui j’ai cru – 2 Tim 1 : 12). La Bible est inspirée (2 Timothée. 3 : 16, c’est-à-dire qu’elle est l’émanation du souffle de Dieu), elle convainc, redresse, éduque dans la justice. Tout est dans l’Ecriture pour former l’homme, le construire, en faire un adulte.

 

5) Dans la famille

L’essentiel est le modèle offert par les parents dans les différentes situations de vie, dans la routine quotidienne de la famille. C’est un processus de longue haleine qui demande des sacrifices. Quel est notre but ? La réussite, l’argent, la notoriété ?

Notre spiritualité est-elle compartimentée, séparée du reste de la vie ? (chrétiens du dimanche…)

Si les enfants sont rebelles, nous ne pouvons pas prendre les décisions à leur place. Mais nous pouvons créer un environnement favorable pour les inciter à prendre la meilleure décision possible, grâce aussi à un héritage spirituel précoce. Pascal disait qu’il y a en chaque être  "un vide en forme de Dieu ", et Lui seul a une relation directe avec leur cœur.

 

Si nous n’avons pas suffisamment travaillé à la transmission de notre foi, nous pouvons renverser la vapeur.

-    Par un regard en arrière : ce qu’on a apprécié dans notre vie de famille, ce qui a été douloureux, les problèmes non réglés qui nous conditionnent encore.

- Par un regard en haut : demander pardon, confesser l’amertume, admettre nos peurs et nos faiblesses, nos torts ; demander la confiance nécessaire, la force de vaincre, de pardonner ; déverser notre cœur devant Dieu.

-  Par un regard vers l’avenir : que voulons-nous pour nos enfants ? que voulons-nous garder, changer, renforcer dans l’héritage que nous voulons laisser?

 

Oui, nous pouvons redémarrer du bon pied même s’il nous semble que nous avons tout raté. La vraie richesse, ce n’est pas ce qu’on épargne pour nos enfants, mais ce qu’on leur donne. Donnons-leur notre disponibilité.

 


6) Aspects pratiques

« Jésus croissait en sagesse, en stature et en grâce devant Dieu et devant les hommes ». (Luc 2 : 52)

Ce verset nous montre que nous avons tous une composante spirituelle, sociale et émotionnelle.

Elles devraient être solidement imbriquées les unes dans les autres, en référence à Ecclésiaste 4 : 12 :

« La corde à 3 fils ne se rompt pas facilement ».

Lorsque l’une d’elle est plus fragile, les deux autres compensent et facilitent la reconstruction de la personne.

 (On nous donne 3 brins de laine, un de chaque couleur, à tresser ensemble, pour visualiser)

 

*

Que transmettre? Comparons l’héritage à un habit. Il peut être magnifique, fragile, déchiré, sale. Puisque nous voulons le meilleur pour nos enfants, à nous de décider soigneusement les valeurs que nous voulons leur léguer. Ce sont des choix de tous les instants, et tout au long de leurs jeunes années.

*

La boîte à outils

 

1. Un flacon de parfum est sorti d’une boîte à outils. Il représente l’ARÔME de la maison (cf. » Nous sommes pour Dieu la bonne odeur de Christ » : 2 Cor. 2 : 15). Ce mot représente un aide-mémoire pour l’Affection, le Respect, l’Ordre, l’aMusement, l’Encouragement.Arome

  •    L’affection consiste dans le toucher, les câlins, la consolation etc…
  •     Le respect, qui fait tellement défaut de nos jours, est à enseigner aux enfants. (cf. Elisée et les adolescents moqueurs – 2 Rois 2 : 23-24 qui montre à quel point Dieu sanctionne l’irrespect). Etablir une liste de règles.

 

Une astuce : prévoir une maison en Lego. A chaque manifestation de respect, ajouter 1 brique. A chaque manque de respect et entorse à la règle, enlever 2 briques ! La maison sera-t-elle terminée un jour ?!

  • L’ordre : la maison doit être un refuge calme et offrir une ambiance agréable ; et cela ne peut se faire qu’au sein d’un minimum d’ordre. Etablir des règles et définir les rôles de chacun dans les tâches domestiques ; définir aussi les droits de chacun (ex : droit à la parole). Réunir un conseil de famille si nécessaire, pour en débattre. 
  • L’amusement : prendre du plaisir avec ses enfants («  L’Eternel prend plaisir à Son peuple » – Ps. 149 : 4), et en retour les enfants prendront du plaisir avec leurs parents. Que l’enfant aime à se retrouver à la maison ; que nous prenions du temps avec lui ; et rejoignons-le dans ses distractions préférées. 
  • L’encouragement : Soyons positifs et faisons mentir notre réputation de Français qui ne font que critiquer. Les enfants feront davantage de progrès si on les stimule avec amour et si on les félicite aussi souvent que possible.

 

Cet ARÔME se présente comme une pyramide dont la base est l’amour.

 

*

2. Quelques pierres, en référence aux pierres érigées (Josué 4 : 4-9) qui devaient servir de témoignage de génération en génération. Il y a des traditions qui confèrent un sentiment fort d’identité et d’appartenance à un groupe, à une famille. Ainsi, l’on peut mettre en place des choses pour rappeler des événements familiaux. Bien sûr, il faut que cela ait du sens. Nos orateurs ont donné l’exemple de la mise en place d’un "rite de passage" : pour marquer son passage à l’adolescence, le père a emmené sa fille au restaurant et lui a offert un cadeau spécial. Voilà une illustration pour une transmission.

 

*

3. Une boussole  pour donner des repères et ne pas laisser les enfants sur le bas-côté de la route qui mène à Dieu. Les aider à comprendre la vie selon la Parole. On peut ainsi avoir des conversations autour de la table – encore faut-il que les parents se disciplinent pour qu’on se retrouve tous à cette occasion.

Une difficulté de nos jours consiste à évaluer ce qui est "normal", car cette idée a évolué dans nos sociétés occidentales. De plus, nos jeunes ont à faire face à certaines questions que nous n’avions pas rencontrées au même âge qu’eux.

 

*

4. Un sac de bonbons pour les loisirs en famille autour de la Bible. Que celle-ci ne paraisse pas ennuyeuse !  Trouvons des astuces pour faire passer des messages importants.

 

 Exemple 1: Demander à l’enfant de rejoindre son père en haut de l’escalier sans toucher celui-ci. Réponse souhaitée : papa doit descendre et me prendre sur ses épaules, sinon ce n’est pas possible. Voici une illustration d’une profonde vérité : Dieu a dû venir nous chercher là où nous étions, car nous étions incapables de le rejoindre par nous-mêmes.

Exemple 2 : Proposer un parcours surprise en donnant des consignes précises pour parvenir au but. Ceux qui ne les suivent pas échoueront. Leçon à retenir : "Quand on obéit, cela nous réussit !"

Exemple 3 : Le tube de dentifrice. Il est facile de faire sortir la pâte, mais il est impossible de la faire rentrer. Il en est ainsi de notre langue quand elle profère de mauvaises paroles : une fois dites, on ne peut revenir en arrière. Faisons donc bien attention avant de dire n’importe quoi, et surtout quand il s’agit de méchancetés !

 

Règle d’or pour les parents : qu’on incarne ce que l’on proclame!

 

Autres sites :

Dieu-t-m.com 

Cliquelavie.com


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Published by église évangélique de Deuil la Barre - dans Nos activités
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